(La Presse-MC) - Accablé de critiques depuis une semaine, le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, a mis le poing sur la table hier. «Je suis le chef et je ne veux plus d’indiscipline», a-t-il lancé, les joues rouges, devant une meute de journalistes qui lui lançaient au visage les commentaires négatifs qui fusent de partout.
M. Dion a manifestement voulu faire de ce point de presse une démonstration d’unité pour la section québécoise de son parti, plongée dans la tourmente. La vingtaine de membres du bureau de direction du PLC-Québec se tenaient derrière le chef, salué par de grands applaudissements à son arrivée. Aux côtés de M. Dion, la sénatrice Céline Hervieux-Payette, qui, comme lieutenant au Québec, a elle aussi été vertement critiquée.
«Plusieurs d’entre nous ont été éberlués de l’exagération qui a été faite de certaines déclarations. Ça prouve qu’il nous faut beaucoup plus de discipline», a lancé d’emblée le chef libéral. «Comme chef, j’ai droit à plus de discipline. C’est ce qui a manqué ces derniers jours, et c’est ce qui va revenir, laissez-moi vous dire.»
M. Dion a d’ailleurs tenu à revenir sur la déclaration attribuée jeudi dans nos pages à Michael Ignatieff, son chef adjoint. Mercredi, M. Ignatieff a assisté à un cocktail de financement à 1000 $ le couvert, des fonds qui vont l’aider à rembourser la dette accumulée lors de la course au leadership. En marge de cet événement, il aurait déclaré à des militants que M. Dion «a été un très bon ministre, mais il n’a pas la stature d’un chef».
Hier, M. Ignatieff a nié avoir tenu de tels propos. «Cette citation est totalement fausse. Personne n’a le droit de remettre ma loyauté en question», a-t-il déclaré par voie de communiqué.
Mais ce commentaire attribué à M. Ignatieff n’était que le dernier d’une longue liste de récriminations à l’endroit de M. Dion.
Au début de la semaine, la députée Raymonde Folco avait vertement critiqué son chef, qui, affirmait-elle, n’avait pas changé d’un iota depuis la défaite des libéraux dans Outremont. « Il est temps pour lui de montrer de quoi il est fait », déclarait-elle.
La semaine dernière, Steve Pinkus, vice-président du PLC-Québec, comparait son parti à une « famille dysfonctionnelle ». Le président du PLC-Québec, Robert Fragasso et la sénatrice Hervieux-Payette sont engagés dans une guerre ouverte qui paralyse le parti, et Stéphane Dion ne fait rien, se plaignait M. Pinkus. Hier, Mme Hervieux-Payette et M. Fragasso étaient tous deux, tout sourire, aux côtés de leur chef.
Plus tôt cette semaine, un ancien candidat libéral, Pierre-Luc Bellerose, se disait même prêt à utiliser les statuts et règlements du parti pour retirer sa carte de membre au chef, afin de lui démontrer qu’il n’a plus sa place comme chef.
Un autre homme
Plus tard en après-midi, M. Dion a brièvement quitté l’ingrate arène politique pour reprendre, l’espace d’une heure, ses anciens habits de professeur. Invité par les élèves du collège Jean-Eudes, il a donné aux 300 élèves massés dans l’auditorium un véritable cours d’éco-fiscalité.
Devant ces élèves qui n’avaient pas le droit de vote, le chef libéral était un autre homme. Il venait parler d’environnement à des jeunes : il était manifestement dans son élément. Et intarissable.
« Quels ont été les grands enjeux du XXe siècle ? » a-t-il d’emblée demandé aux élèves, le micro dans la main gauche, l’index de la main droite dressé. « La démocratie et la justice sociale. Et maintenant quel sera l’enjeu du XXIe siècle, votre siècle ? Le développement durable. »
Au cours de cette heure, M. Dion a constamment martelé le même message : il faut taxer les émissions de carbone. « À la prochaine élection, on va mettre un prix au carbone, a-t-il souligné. On est à la veille d’une révolution verte. Mais tant qu’on ne crée pas un marché pour les technologies, elles vont rester dans les laboratoires. »
COMMENTAIRES DU BLOGUEUR - Stéphane Dion fâché? Ah..ah..ah,..oh..oh..ah..ah.
Publié par : Marcel Charland
à 06:17:05
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